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17 octobre 2011

Soirée de Barth et quelques amis dans le Priorat

Soirée de Barth et quelques amis dans le PrioratSoirée de Barth et quelques amis dans le Priorat

En ces temps de vendanges dans le Priorat, mon ami Miquel Compte m’appelle vers 20h30 ce mardi pour venir dîner dans sa petite, mais magnifique finca, perdue entre Bellmunt et Falset. Il a un invité de marque avec lui : Alain Graillot. Après avoir sélectionné quelques bouteilles avec Emily, nous voilà en route pour une nouvelle sympathique soirée. Au menu: des omelettes dont les œufs ont été fraîchement pondus par les poules nouvellement acquises par Miquel ainsi que de vives et efficaces discussions entre nous tous sur le Priorat et ses vins.

Els Bassots, 2008, Joan Ramon Escoda, Conca de Barbera, sans étiquette

Ce vin fut une réelle découverte dans ma quête des jus de raisins fermentés. Sur conseil de Mark Angéli, il y a quelques mois, j’avais pris contact avec Joan, une sorte de fou furieux du vin, incroyablement ouvert et généreux, que je revois régulièrement depuis. Ses théories et ses distinctions entre les vins naturels et ce qu’il appelle les « caldo de uva » (bouillon de raisin) valent le détour. Son vin blanc, issu de chenin blanc rapporté de la Loire, est complètement atypique, et particulièrement dans ce millésime. D’un beau jaune or dense aux reflets rougeâtres, il fait bien plus vieux que son âge. Son nez, très gras, se décline sur une gamme complète et gourmande de noisettes et d’amandes moulues sans laisser de place à aucun fruit ou aucune fleur. Style particulier et quasiment indescriptible qui ne laissera personne indifférent. L’attaque en bouche est souple, mais un peu lourde, et rapportent en mémoire les arômes découverts au nez, avec peut-être une touche d’amande amère, celle que l’on met dans les cakes financiers. A mon avis, c’est un grand vin, mais bizarre !

 Clos de Taillelauque, 2000, Casots des Mailloles, Banyuls sur mer

Une bouteille offerte par Laurent il y a un peu plus d’une année maintenant (que je profite de remercier au passage !)

Paré d’une belle robe qui tire sur les ocres et les tuiles en terre cuite, le centre du verre se revêt d’un beau rouge rubis, dense, mais sans aucune luminosité et avec des reflets un peu éteint. Le nez est suave et gourmand, avec une touche légèrement sucrée qui nous rappelle la grenache du sud. Après une aération d’une demi-heure, toute une panoplie de fruits rouges et noirs confits s’alterne sans fraîcheur. En bouche, il nous redonne cette première sensation de suavité et de douceur, pas désagréable du tout, puis décline en finesse son panorama de confitures. Un bon vin, mais qui est un peu fatigué. Le lendemain à midi, mon analyse m’est confirmée, le vin n’aura pas « tenu » la nuit au frigo… complètement oxydé.

 La chamade, 2007, Ploussard, Arbois Pupillin, Ph. Bornard

Les bouteilles de Philippe Bornard ont toujours à mes yeux quelque chose de magique. Je ne sais pas si c’est la forme des bouteilles du Jura ou la fraîcheur animale de l’étiquette, mais toujours est-il que j’appréhende systématiquement l’ouverture de ses flacons. Peut-être parce que mes plus grandes joies et mes plus grandes déceptions en sont souvent issues.

La couleur, d’un rouge légèrement orangé, possède une faible densité et laisse aisément voir le pied du verre. Le liquide est finement trouble tout en paraissant presque transparent sur le disque. Au nez, le vin est fin, avec une délicieuse sensation d’acidité maîtrisée, relevant ainsi une fraîcheur inattendue. De très légères notes de griottes viennent discrètement accompagner des arômes plus importants de petits fruits rouges de la famille des groseilles. Un deuxième nez est perceptible, plus animal, qui donne une structure aux primes senteurs. La bouche étonne par sa fraîcheur, sa trame tannique très serrée, et sa précision. Le contraste entre le nez et la bouche est saisissant. Une excellente bouteille qui s’est mariée merveilleusement avec le Jamón Ibérico Bellota ! Ce fut d’ailleurs la préférée d’Alain Graillot.

Fin de cette belle soirée.

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